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Le site de Belfort est situé au centre d’une large dépression entre Vosges et Jura : la Trouée de Belfort. Elle fait communiquer l’Alsace, l’Allemagne et la Suisse avec la Franche-Comté et le sillon rhodanien. Autant dire qu’elle constitue un passage privilégié pour le commerce mais aussi pour les invasions. C’est la raison d’être de nombreuses fortifications en ce lieu.
De 1687 à 1703, l'ancienne enceinte urbaine de la ville de Belfort est remplacée par une enceinte bastionnée pentagonale qui double la surface de la ville. De cette nouvelle enceinte, représentative du "deuxième système de Vauban", il subsiste de nos jours d'importants éléments, en particulier trois tours bastionnées et la porte de Brisach avec son front bastionné complet.
La valeur de ces fortifications est attestée particulièrement par le siège de 1815, qui laissa la Place invaincue.
À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, la précision et de la mobilité de l'artillerie menacent les villes par des canons installés par l'ennemi sur les collines les plus proches. Pour empêcher l'occupation de celles-ci, apparaissent alors les premières ceintures de forts autour de la ville.
Le fort des Barres est construit de 1865 à 1870. Enfin, en 1870, avec les redoutes terrassées des Perches et celles de Bellevue s'achève la première extension des défenses de la ville.
Après la guerre de 1870-1871, dans le cadre du programme de Séré de Rivières , les forts des Perches sont reconstruits et un mur d'enceinte des faubourgs édifié.
Les années 1874-1887 voient de nouvelles extensions des défenses sous la direction du général Séré de Rivières C’est dans ce cadre qu’une seconde ceinture de six forts (Roppe, Bessoncourt, Vézelois, Bois d’Oye , Mont-Vaudois, Salbert) est édifiée autour de Belfort à une distance de 5 à 6000m. Cette ceinture est prolongée par un rideau défensif au sud vers la Suisse et au nord vers Epinal avec notamment le fort de Giromagny.
Ces forts et autres ouvrages défensifs contrôlaient les nœuds routiers et ferroviaires passant par Belfort. Ils étaient reliés, pour la plupart, par un chemin de fer stratégique à voie étroite qui assurait la circulation et l’alimentation des hommes en matériels et munitions.
Cathédrale Saint-Christophe
C'est un bel édifice en grès rose, de style classique dont la façade s'orne de deux tours (la tour sud ne sera achevée qu'en 1845).
En 1727, la municipalité de Belfort décide d'édifier sur le bord Est du canal, à la limite de la Vieille Ville et face à la Porte de France, un ensemble monumental destiné à remplacer l'ancienne collégiale Saint-Denis devenue trop exigüe.
Les travaux sont confiés à l'entrepreneur Henri Schuller selon les plans conçus par Jacques Mareschal, ingénieur ordinaire du Roi.
Le chantier qui rencontre de nombreuses difficultés matérielles ne sera achevé que 23 ans plus tard. En 1750, l'église est ouverte au culte.
De 1740 à 1749 de nombreux artisans sont sollicités pour les aménagements et la décoration. Le sculpteur franc-comtois Antoine Cupillard réalise les sculptures intérieures de l'édifice, le maître-autel (en bois à l'origine) sera remplacé en 1793 par le maître-autel en marbre de l'église des dominicains de Guebwiller.
La statuaire est confiée à Massol et Neumann. Matthias Chapuis, maître serrurier à Giromagny, exécute les grilles du chœur. Elles seront remplacées en 1864 après avoir été démontées et transformées pendant la Révolution. Enfin J.C Valtrin reçoit, en 1749, le marché pour la construction des orgues.
En 1843, grâce à l'intervention du député Bellonet, l'Etat offre à Belfort une grande toile du peintre belfortain Gustave Dauphin représentant "les derniers apprêts pour la sépulture du Christ".
L'édifice est classé Monuments Historiques en 1930 et c’est seulement en 1979 avec la création de l’Evêché de Belfort-Montbéliard, qu’il prend le nom de cathédrale.
Statue "Quand-Même"
La statue "Quand-Même" qui se trouve devant la cathédrale Saint-Christophe est l'œuvre du sculpteur Antonin Mercié (1845-1916).
L'artiste a représenté une Alsacienne en costume traditionnel, soutenant d'une main un mobile, tenant de l'autre le fusil du blessé et tournant la tête en direction des auteurs de tant de malheurs.
A noter sur le socle, les médaillons de Thiers qui n'a pas voulu céder Belfort à l'Allemagne et du colonel Denfert-Rochereau qui l'avait victorieusement défendu.
C'était l'emplacement de la Halle aux grains, ancien marché du Moyen-Âge.
Un premier bâtiment, détruit en 1567, sera remplacé par une nouvelle halle au rez-de-chaussée et une résidence d’administration autrichienne au premier étage.
Cet étage deviendra en 1659 la demeure seigneuriale de la duchesse de Mazarin, ainsi que la salle d'audience du baillage.
En l'an VIII (1799-1800), l'édifice deviendra Hôtel de la Sous-Préfecture et tribunal en 1811.
Il sera racheté à la famille de Mazarin en 1827 pour devenir un collège à l'étage et les écuries du régiment de cavalerie au rez-de- chaussée.
Profondément restauré, le bâtiment deviendra, dans sa totalité, collège à partir de 1845.
Depuis 1874 et jusqu' à nos jours, une école communale occupe les locaux. De 1880 à 1910, une Ecole Normale y sera adjointe.
L'école de la Place des Bourgeois deviendra école Jules Heidet en 1948, en souvenir de l'ancien Directeur résistant mort en déportation.
À l'intérieur de la cour on peut voir une cloche de 1604 provenant de l'ancienne collégiale St Denis.

Le 13 avril 1901, le Conseil Municipal décide qu'un monument à la mémoire du colonel Denfert-Rochereau soit érigé sur une des places de la ville.
Le député maire s'adresse à Frédéric - Auguste Bartholdi. L'artiste souhaite associer à la mémoire du défenseur de Belfort en 1870-1871, celle du Général Lecourbe qui soutint le siège de 1815 et celle du commandant Legrand qui défendit la ville en 1813- 1815. Bartholdi meurt sans avoir fini son œuvre.
Il faut alors toute la ténacité de sa veuve, face à la municipalité qui veut rompre le contrat la liant à l'artiste, pour que l'édifice soit achevé par les sculpteurs Noël et Dechin. Il est inauguré le 15 août 1913.
Sur le plus haut piédestal, une France casquée pose affectueusement la main sur l'épaule d'une jeune fille qui représente Belfort tenant encore son glaive à la main.
Les Belfortains le surnomment « monument des 3 menteurs ». Savez-vous pourquoi ? Lecourbe est droit comme un « i », Legrand était de taille modeste et Denfert n’est pas en fer puisque le groupe sculpté a été réalisé en bronze.

La Porte de Brisach (1687-1703) permet de franchir les fortifications conçues par Vauban à partir de 1687 et ainsi d'accéder à l'intérieur de la Vieille Ville.
Le fronton de la Porte de Brisach est orné d'un médaillon central portant trois fleurs de Lys, encadré par un faisceau de drapeaux et de trophées. Il est surmonté de la date 1687. Sur le fronton triangulaire, figure le soleil, emblème de Louis XIV, accompagné de sa devise "Nec pluribus impar" (nul ne peut lui être comparé). La Porte de Brisach et ses abords sont classés Monuments Historiques en 1907 et 1913.
La Fresque Ernest Pignon Ernest
Ce mur figure une allégorie du dialogue entre les civilisations latine et germanique, au confluent desquelles s'inscrit le Territoire de Belfort. L'œuvre présente quarante-six personnalités qui se sont illustrées par leurs pensées, leurs actes ou leurs créations.
A noter que cette toile synthétique imputrescible, collée sur le mur en 1988, devait être éphémère.
Liste des personnalités sur demande à la Maison du Tourisme de Belfort
Marché Frery
La décision de créer un marché sur les terrains provenant du déclassement des fortifications date de 1902. L'architecte municipal, Eugène Lux, est chargé d'établir le projet adopté en 1903 par le Conseil Municipal.
En 1904, l'entreprise Schwartz et Meurer, constructeurs des grilles du Grand Palais et des Serres Monumentales de Paris se voit attribuer la réalisation de cet édifice.
Achevé en 1905, il est inauguré en grandes pompes par la Lyre Belfortaine. Ce marché, triomphe d'équilibre et de légèreté, utilise les toutes premières techniques de construction métallique. Sa hauteur de 16 m abrite 2258 m² de surface utile (dont 1% constitue l'élément porteur). Le décor de la façade reste très "fin de siècle".
Le marché est inscrit à "l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques" depuis 1983.
N’hésitez pas à y faire vos emplettes « Terroir ». Période d’ouverture : vendredi et samedi matin.
La Tour des Bourgeois
Belfort ayant obtenu sa charte de franchise en 1307, les Bourgeois doivent dès lors assurer de manière autonome l'entretien du rempart, ainsi que sa garde et la défense de la cité en temps de guerre.
Elément majeur du système défensif, la Tour des Bourgeois assure la liaison entre l'enceinte médiévale et le château, ainsi que la défense face à une attaque qui serait menée depuis la hauteur de la Justice.
En 1579, Daniel Specklin envisage sa suppression, mais il n'est pas donné suite au projet. En 1687, Vauban l'inclut dans la fortification de la ville en supprimant son fossé et en l'épaulant par deux demi-bastions.
La Maison Pheltin
Avant de devenir l’hôtel de Ville actuel, la maison appartenait à la famille Feltin dont un des membres devint cardinal archevêque de Paris (Maurice Feltin, 1883-1975). Adossée à la muraille, elle a été construite en 1581 par le prévôt et bailli Louis Lourdel à l’emplacement d’un bâtiment médiéval qui datait probablement du XIVe siècle. On peut voir, dans l’angle de la tourelle d’escalier, une plaque portant deux écussons martelés ainsi que la date de construction qu’accompagne la devise du constructeur, SEQVITVR FORTVNA LABOREM – Le travail engendre la fortune. Tombée entre les mains d’un riche bourgeois de la ville, avocat au Conseil Souverain d’Alsace, Henri Boug, la maison fut passablement modifiée dans les années 1725-1726. L’aménagement intérieur fut profondément remanié, les fenêtres à meneaux disparurent, le portail à colonnes qui se trouvait en façade fut déplacé, un simple mur contre lequel vint s’appuyer la galerie et la tour carrée abritant les latrines remplaça la muraille de ville entre la maison et la terrasse du château. Enfin des jardins à la française furent aménagés devant la maison jusqu’à l’angle de la Grand-Rue. Rachetée en 1770 par une famille d’agriculteurs originaires du Haut-Doubs, elle resta alors inchangée jusqu’à son rachat par la Ville en 1993. Les anciennes granges, construites en 1881,ont été restaurées en 2001,.
L'Eglise de Froidefontaine
Le prieuré de Froidefontaine doit sa fondation à une légende, celle de Saint-Maimbœuf qui aurait été assassiné au VIIIe ou IXe siècle par des mécréants à proximité de la froide fontaine près de laquelle il fut enterré. Les miracles qui se seraient produits par la suite sur sa tombe impressionnèrent tant les gens du pays que Ermentrude, veuve de Thierry 1er, comte de Montbéliard-Ferrette, donna le 8 mars 1105 à l'abbaye de Cluny ses possessions de Froidefontaine pour la fondation d'un prieuré.
Les éléments remarquables sont le vaisseau central, les neuf vitraux, l'abside de style roman, la cloche, datant de 1682 et la pierre tombale (1527) présente dans la nef.

Aujourd’hui propriété privée, ce bâtiment fut construit au XVIème siècle pour abriter la Justice des mines de Giromagny, nouvellement créée, durant la période autrichienne.
Après la conquête de la région par la France, cette maison fut comprise dans la donation faite par le roi au Cardinal de Mazarin.
Le cardinal fait de sa nièce, Hortense Mancini, la principale héritière de ses domaines, dont les mines de Giromagny, à la condition que son futur mari prenne le nom de Mazarin.
Mazarin n’a jamais séjourné dans cette demeure, plusieurs fois transformée aux siècles suivants.
La ville ne compte pas moins de 14 fontaines et fontaines-lavoirs, présentes sur le Circuit des Fontaines, une richesse enviée des communes avoisinantes au début du XIX°.
L' Eglise de Saint Dizier l'Eveque
C'est une des plus anciennes églises de Franche- Comté. Il existait à son emplacement une chapelle ou un oratoire dédié à Saint-Martin de Tours au VIIe siècle. Elle doit son nom à l'évêque Desidérius. Vers la fin du VII° siècle, au retour d'un pèlerinage à Rome, il célébra une messe en cette chapelle. Des voleurs, ayant vu les précieux vases utilisés pour la messe, assassinèrent et dépouillèrent l'évêque (devenu Saint-Dizier en français) et son diacre Regnifirum (Reinfroy) et blessèrent à la tête le serviteur Willibert. Juste avant de mourir, Saint-Dizier guérit miraculeusement ce dernier. La chapelle prit le nom des deux martyrs, rapidement canonisés. Une église de style roman, consacrée en 1041 par Hugues de Salins, archevêque de Besançon, fut bâtie à l'emplacement de la chapelle. Remaniée de nombreuses fois depuis, elle a conservé de cette époque des anciens murs romans et le sarcophage de St-Dizier. La sacristie, quant à elle, abrite le cénotaphe aussi appelé Pierre des Fous, réputé pour soigner les troubles mentaux... Du passage dans la région de Saint-Dizier, reste également une légende, celle des Pas du Diable.
Appelé "Les Pas-du-Diable", ce rocher se voit encore de nos jours dans un petit bois proche de Villars-le-Sec. Témoin de la lutte entre le diable et le saint, il porte à tout jamais les profondes empreintes des pieds du démon et la trace légère des sandales de Saint-Dizier